Coach de l’ombre -1-

Joanne Fontana

L'interview de Séverine Remy

Séverine Remy, Fribourgeoise de 28 ans, mariée à un cycliste depuis bientôt
une année, est la première coach de l’ombre à prendre le temps de partager
avec nous ses expériences. Elle nous confie trois anecdotes personnelles l’ayant
particulièrement marquée, pour le plus grand bonheur de nos lecteurs.

1.

« Étant mariée à un cycliste passionné par le VTT et le cyclo-cross, je dirais qu’il
existe trois choses qu’il ne faut surtout pas craindre : le froid, la boue et la
lessive. Je suis fille d’agriculteur ; se vêtir de grandes bottes et d’un tablier pour
laver les vélos couverts de terre n’est donc pas le plus gros des soucis que je
puisse rencontrer durant les courses de mon mari. Cependant, je n’en dirais
pas autant pour ses habits de sport… Il est déjà arrivé que j’en retrouve dans
des états tellement déplorables, après des heures passées sous la pluie et dans
la boue, que je n’étais pas certaine de réussir à les récupérer comme neufs
après lavage. Mon record personnel, c’est d’avoir passé trois fois de suite à la
machine à laver les mêmes vêtements avant que ces derniers ne soient
vraiment redevenus propres ! »

2.
« Partager un peu de la passion de mon mari en l’accompagnant lors de ses
courses de vélo est une chose, mais le faire en la pratiquant avec lui nous offre
beaucoup de souvenirs. Il nous arrive parfois de faire des sorties à vélo à deux,
et ces moments sont vraiment agréables pour moi : Cédric trouve toujours le
moyen de me motiver, tout en se mettant à mon niveau.
Un jour, nous avions pour projet de rouler le long du col du Gothard puis de
celui de la Furka. À bout de souffle sur ma selle lors d’une montée, je lui ai
demandé si cette ascension serait encore longue. Cédric m’a alors répondu
qu’il ne restait plus que les trois virages que l’on apercevait devant nous avant
le sommet. Vous ne pouvez pas imaginer mon envie de l’étrangler au moment
où je me suis rendu compte de la longueur du chemin qu’il nous restait encore

à faire après ces fameux « trois derniers virages ». Ma fierté étant trop grande
pour abandonner, j’ai continué à pédaler sans m’arrêter malgré la difficulté.
Depuis cette histoire, à chaque fois que je demande à mon mari si la route à
faire est encore longue, la réponse est toujours la même : « Encore trois
virages, et tu y es » ! »

3.
« Lors de la saison passée, durant les beaux jours 2017, j’étais enceinte de
notre premier enfant. Cela ne m’a pourtant pas empêché de soutenir mon mari
et de le ravitailler à chacune de ses courses, notamment celle du Grand Raid
pour laquelle Cédric prenait le départ depuis Verbier pour la première fois.
Cette course, c’était la veille de mon terme et j’ai fait en voiture cinq postes de
ravitaillement éparpillés dans les vallées valaisannes. Les gens autour de moi
me prenaient un peu pour une folle, en me répétant que je n’étais pas
peureuse d’être là malgré ma situation. Sur le ton de la rigolade, je leur
répondais qu’au vu du nombre d’hélicoptères filmant la course, il y en aurait
sûrement un qui pourrait s’occuper de moi au cas où notre petit garçon
pointerait le bout de son nez trop tôt. Malgré tout le côté cocasse de la
situation, j’avoue qu’à l’arrivée de mon mari, j’étais encore plus fatiguée que
lui. Et notre petit Louis est arrivé deux jours plus tard ! »

 

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