Interview du Président du Conseil national

Hervé Eigenmann

Notre invité : Monsieur Dominique de Buman, Président du Conseil national

Le café du Gothard est un peu son « stamm » quand ses multiples activités et engagements lui laissent le temps de le fréquenter. C’est donc là qu’il m’a donné rendez-vous.  Arrivé un peu en avance, je  guette la porte d’entrée et attends impatiemment le premier citoyen de notre pays et ses impressions sur cette étape du Tour de Romandie et le cyclisme en général.

 Il arrive tout sourire. Je me demande, avec une pointe d’admiration et d’envie, où il va chercher cette capacité à donner cette impression de calme et de disponibilité totale à son interlocuteur quand on sait l’agenda surchargé qu’il doit gérer.

Que représente pour toi cette étape du TDR ?

Pour moi, cela signifie d’abord que notre ville a une importance sur la scène de l’opinion, sur la scène publique, sur la scène de la vie. Je ne peux pas m’empêcher de penser que nous avons accueilli il y a maintenant 21 ans, une étape du Tour de France qui était un événement un peu similaire à celui que nous allons vivre : la veille l’arrivée et le lendemain le départ. C’était aussi, comme cette année, plus qu’une simple étape mais un événement qui marquait l’importance de la ville par le choix qui avait été fait.

Je dois constater que nous avons, à Fribourg, un savoir-faire dans l’organisation de tels événements. Auguste Girard, que tu peux apercevoir dans ce restaurant, à la table là-bas, n’est d’ailleurs pas étranger à cette image du vélo que nous avons à Fribourg. On avait plusieurs personnes à l’époque, qui étaient un peu des pivots et des moteurs dans l’organisation de manifestations sportives comme celles dont on parle. On peut citer Gabriel Gisler, Jean-Marc Rohrbasser, Pierre Schouwey, qui à l’époque n’était pas encore commandant de la police mais était à la gendarmerie. Et on pourrait en citer bien d’autres.

Je me rappelle aussi, à l’époque où j’étais syndic, de l’importance de la collaboration entre les services cantonaux et communaux, notamment avec la police cantonale qui a toujours été très dévouée et engagée pour assurer le succès de tels événements.

Voilà un peu ce qu’évoque pour moi cette étape actuelle du TDR. C’est d’abord une fête, une fête populaire dans le sens où le vélo est un peu l’essence du sport populaire. On pourrait dire ainsi que le vélo est aux moyens de transport ce qu’est le foot aux sports : tout le monde a un jour enfourché une bicyclette ou tapé dans un ballon même sans être un champion ni avoir envie de le devenir.

Penses-tu que cette étape est importante pour la visibilité de Fribourg ?

Quand on a un une étape du TDR ou du tour de France, on a des retombées et des intérêts aux deuxièmes et troisième degrés si je peux m’exprimer ainsi. On parle de la ville dans tous les médias, et cela dans le cadre d’un événement de bonne humeur, de rêve où chacun peut s’identifier. Cela compte beaucoup pour la promotion touristique de la ville et de la région.

Justement, en tant que président des organisations suisses du tourisme, que penses-tu qu’elles pourraient faire pour promouvoir ce sport ?

 Je ne pense pas que ce soit précisément le rôle des organisations du tourisme de faire la promotion d’un sport. Cette tâche incombe plutôt aux communes, aux cantons et aux organisations sportives elles-mêmes. Par contre, ce qu’on peut dire, c’est qu’en termes de politique de marketing du tourisme, on peut promouvoir et soutenir la mobilité douce. Par exemple,  Suisse-Mobile qui a été créée il y a une dizaine d’années, s’occupe de faciliter le transport des vélos pour les personnes intéressées à faire ce qu’on peut appeler des vacances mixtes , marche et vélo, en se faisant, par exemple, livrer les vélos aux points de départ.

Cette mobilité douce fait partie d’un art de vivre, d’une sorte de retour aux sources. C’est un heureux hasard, mais l’on vient de traiter à Berne l’initiative sur les pistes et voies cyclables. De la même manière que cela s’était passé il y a une vingtaine d’années avec les chemins pédestres, il y a un contre-projet qui tient peut-être mieux compte du fédéralisme, de la diversité et des particularités locales. Le projet a été mis sous toit par les chambres fédérales et ne sera pas attaqué par un référendum. C’est un projet qui va promouvoir et organiser, de manière institutionnelle et généralisée, la promotion du cyclisme et des voies cyclables en Suisse. Je trouve que c’est vraiment une belle coïncidence que de voir cet objet traité aux chambres au même moment où se déroule cette étape du Tour de Romandie.

Je crois que nous avons fait le tour. Merci beaucoup Dominique ! Serais-tu d’accord de nous consacrer encore quelques minutes pour répondre aux questions de notre rubrique « Moi et mon vélo ?

Avec plaisir.

Après l’interview –vidéos, M. le président du conseil national me montre juste le nombre de messages reçus le temps que nous passions ces quelques 20 minutes en interview : c’est impressionnant et  me conforte dans l’idée qu’un politicien exerçant de telles responsabilités est aussi un peu comme un sportif d’élite : il doit également gérer à la perfection son stress, l’organisation de son temps et  de son hygiène de vie.