Moi et mon vélo -4-

Hervé Eigenmann

Notre invité : Christophe Daniel

Christophe, peux-tu m’expliquer un peu comment a commencé cette passion du vélo ?

En 1986, je regardais beaucoup les sports à la TV, notamment le Tour de France. Et quand je suis arrivé en Suisse, en 1986, j’ai commencé à faire du vélo  en empruntant celui de mon oncle à Châtel-sur-Montsalvens.

Puis, dans les années 90, le VTT  est sorti. J’étais  alors au CO et le jour de l’examen pour entrée au CO, qui s’appelait le TAC à cette époque ( test d’aptitudes et de Connaissances ), les élèves du primaire venaient au CO et ceux du CO avaient  des activités sportives. J’avais choisi les 100 kms à vélo. J’ai bien aimé et après, j’ai continué et fait la connaisssance de José Yerly, qui pratiquait le VTT. J’ai alors arrrêté le foot et commencé le VTT , toujours en empruntant le vélo de mon oncle au début. Tout est parti comme ça.

Et la compétition, quand est-ce que ça a commencé ?

 J’ai commencé les courses dans les années 92-93 avec Sébastien Fragnière, de Gumefens, qui est aussi guide de montagne. Nous nous sommes retrouvés à faire quelques courses régionales. Au début, je les terminais au milieu du peloton puis, petit à petit, je me suis retrouvé dans les 15 premiers , ce qui m’a encouragé à persévérer.

En 93, j’ai participé à mon premier Grand Raid, les trois premières années sur le petit parcours puis ensuite sur le grand. J’ai interrompu ma participation de 2003 à 2006 pour construire ma maison : cela me prenait trop de temps et si je pouvais continuer à m’entraîner, je n’avais par contre pas suffisamment de temps pour me préparer vraiement au Grand Raid. Après, j’ai repris et j’en suis maintenant à ma vingtième participation au Grand Raid. C’est un joli défi personnel et j’aime beaucoup cette course.

Tu es connu dans le canton comme formateur de jeunes cyclistes, peux-tu m’en dire un peu plus sur cet aspect de tes activités ?

Mes amis José Yerly  et Carlo Gattoni étaient aussi profs, comme moi. Carlo était prof de Sports à Bulle et nous étions les trois actifs dans le club «  la Pédale bulloise ». Je ne voulais pas louper le train de la formation et me suis donc  inscrit pour suivre les cours me permettant de devenir expert JS ( Jeunesse et Sport) en cyclisme. Mon collègue Stéphane Gremaud, actuellement directeur du CO de Marly, a fait sa formation à la même époque mais il est devenu, en plus, chef de branche JS dans ce domaine.

Former la relève me tient à cœur et j’entraîne les jeunes du club deux fois par semaine, les mardis et mercredis. J’ai également été engagé par Carlo Gattoni pour m’occuper des activités vélo dans le cadre du sport facultatif offert aux élèves de l’école de Bulle.

En plus, j’ai participé à une douzaine de camps de printemps de l’UCF ( Union Cycliste fribourgeoise) dont 5 ou 6 camps comme responsable et les autres en tant que moniteur vélo.

Comment penses-tu que l’on pourrait améliorer la vie des cyclistes et comment promouvoir ce sport ?

Je pense que le seul moyen de vraiment améliorer la vie des cyclistes et augmenter l’utilisation de la bicyclette serait de réaliser de vraies pistes cyclables et pas seulement des bandes cyclables qui ne protègent que très peu les cyclistes. Il faudrait par exemple que les enfants et les jeunes puissent se déplacer en toute sécurité d’un village à l’autre. Cela pourrait même améliorer le problème des transports scolaires. On voit en effet que dans certaines communes, des élèves vont presque plus vite à pied, en coupant par les bois ou les champs, qu’en utilisant les bus scolaires. Alors, s’il y avait de vraies pistes cyclables, tu imagines le temps qui pourrait être gagné. Mais actuellement, ce n’est pas envisageable d’envoyer des enfants à l’école en vélo sur des routes très peu sécurisées, voire dangereuses pour eux.

J’ai organisé une année le « Bike to school » dans ma commune, à Marsens, et je sais que cela a été fait ailleurs, par exemple à Vuisternens-en-Ogoz ou au Glèbe ( toutes deux actuellement dans la nouvelle commune de Gibloux). Mais autant cela a du succès une fois, pendant quelques jours, autant il est difficile de motiver les jeunes et les parents pour renouveler l’expérience. Il semblerait qu’en Suisse-allemande, ils aient un peu plus de succès dans ce domaine. Mais il est vrai que l’on se heurte toujours à la question légitime de la sécurité. Et tant que rien ne sera fait pour vraiment améliorer les choses par de vraies pistes cyclables sécurisées, l’utilisation du vélo continuera de n’être pas toujours facile à encourager.

Merci Christophe !