Moi et mon vélo -5-

Hervé Eigenmann

Notre invité : M. Georges Godel, Conseiller d’Etat

C’est la première fois que je me rends dans le bâtiment du département des finances cantonales. Jusque-là, ma seule relation avec ce lieu se limitait aux bulletins de versement sur lesquels, comme tout un chacun, je pestais chaque mois en payant mes impôts. Personne n’aime payer des factures et pourtant, je le sais aussi comme n’importe qui, que sans impôts, pas d’école, pas d’hôpitaux, pas de police, pas de route, bref, pas de service public ! En plus, il faut le reconnaître, notre canton fait figure et à juste titre, de bon élève dans la gestion des deniers publics, ce qui lui permet de rester , contrairement à d’autres, largement dans les chiffres noirs.

Je passe la porte automatique en demi-lune qui me propulse dans un vaste hall d’entrée où je mets quelques secondes à repérer la réception. Je m’y annonce et précise que j’ai rendez-vous avec M. le Conseiller d’Etat Georges Godel pour un interview. On m’indique le deuxième étage. Nouvelle porte, interphone, nouvelle annonce et enfin, je pénètre dans un long couloir au bout duquel m’attend le Conseiller d’Etat.

L’accueil est chaleureux, la pognée de main ferme, le sourire authentique et cela me met en confiance. Je peux alors,dictaphone en main, dégainer mes questions.

Que représente pour le canton de Fribourg un événement comme cette étape du Tour de Romandie ?

C’est une vitrine de marketing plus que géniale ! C’est une magnifique publicité pour la canton et la ville de Fribourg en particulier avec ces images qui vont tourner en boucle sur les télévisions et les réseaux sociaux.

Les retombées économiques  sont importantes à court terme d’abord : plus de 700 personnes à loger et à nourrir sur place constituent des recettes immédiates pour les établissement de la place et donc, indirectement, pour le canton.

A moyen et long terme, on peut espérer un impact positif sur le tourisme dans notre canton à cause de l’image positive de Fribourg véhiculée par les retransmissions de cette course.

On pourrait ajouter qu’une telle manifestation n’est pas seulement importante pour l’économie mais pour les occasions de rencontres qu’elle suscite, pour les idées qui en émergent, pour les problèmes qui sont découverts et appellent des solutions pour les résoudre. C’est aussi simplement une fête, également une fête pour l’enfance et la jeunesse dont une partie aura congé ce jour-là pour participer à la course des enfants ou aller acclamer ces champions.

Comment le canton est-il, très concrètement, impliqué dans l’organisation de cette étape du TDR ?

Je peux vous dire, par exemple, que nousmettons à disposition nos infrastructures et que du personnel cantonal sera mobilisé pour l’occasion, ne serait-ce que la police cantonale.

Concernant l’aspect financier du Tour de Romandie, le montant déboursé par le canton de Fribourg s’élève à environ 120'000.- pris de manière préciputaire sur le montant revenant au sport (LoRo-sport Fribourg) depuis la loterie romande. La même chose est faite dans les autres cantons romands pour arriver à la somme totale de 950'000.-

De plus, les étapes fribourgeoises reçoivent une contribution selon les directives LoRo-sport (entre 500.- et 5'000.-).

Lorsque cela est demandé, la DICS offre une garantie de déficit de 20'000.- par le fonds cantonal du sport pour les étapes fribourgeoises

De quelle manière le canton s’investit-il dans la carrière des jeunes sportifs d’élite fribourgeois et, particulièrement, pour le cyclisme ?

Le canton s’investit par le biais du fond cantonal de sport, en collaboration avec la Loterie Romande. Pour les sportifs de pointe, nous finançons l’écolage des filières spécialisées « sport-études » à l’extérieur du canton pour un montant de l’ordre de 600 000 frs.  Par exemple, quand le public a su que nous avions donné 20 000 frs à Matilde Gremaud, notre médaillée olympique, on a eu des remarques disant que nous ne donnions qu’à ceux qui gagnent alors qu’il y a une trentaine de jeunes sportifs qui bénéficient de ce soutien pour la filière sport-études.

En cette année du vélo, que fait le canton pour soutenir et encourager la mobilité douce, en particulier le cyclisme ?

A l’époque où j’étais en charge de l’aménagement, nous avions ancré dans la loi l’obligation d’intégrer des pistes cyclables quand on refait des routes, ceci, bien entendu en collaboration avec les communes .

Le Conseil d’Etat va se prononcer d’ici peu sur le Plan sectoriel vélo. Il s’agit de prioriser, sur l’ensemble du canton, les réalisation nécessaires en termes d’infrastructures cyclistes (pistes et bandes cyclables, parkings combinés, etc.) pour les cyclistes du quotidien et pour les cyclistes sportifs.

Concrètement, on peut évoquer les projets suivants à titre d’exemples :

  • Projet cantonal : montée de Bataille, en deux étapes, pour tous les cyclistes sportifs qui montent vers le col du Jaun, et que le directeur général du Tour de Romandie connaît bien pour y avoir gravi les pentes en tant que cycliste et organisé des courses pour un grand public
  • Transagglo, en cofinancement des programmes agglo, notamment entre Villars-sur-Glâne et Matran, ainsi que le passage du Toggeliloch à Guin (passerelle le long du pont de chemin de fer)
  • Piste cyclable le long de la future route de Marly-Matran, partiellement en site propre
  • Passerelle pour cyclistes et piétons avec la nouvelle gare de Givisiez

Merci M. Godel. Encore une chose, Seriez-vous d’accord de vous prêter à notre interviewexpress «  Moi et mon vélo » et nous raconter la première fois que vous avez utilisé un vélo, la dernière fois et pour faire quoi ainsi que votre meilleur et votre pire souvenir lié à l’utilisation du vélo ?

Avec plaisir !